Comment les probiotiques renforcent la barrière intestinale – Mécanismes d’action et importance pour la santé

Publié le 2. janvier 2023 | Mazziotta C et al.
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Les probiotiques sont des micro-organismes vivants – souvent des bactéries lactiques ou des bifidobactéries – que l’on trouve dans les yaourts, les aliments fermentés ou sous forme de compléments alimentaires. Ils peuvent avoir un effet positif sur l’équilibre intestinal et ainsi protéger la barrière intestinale renforcer les intestins. Cette barrière agit comme un bouclier de protection qui laisse entrer les nutriments, mais maintient les polluants et les agents pathogènes à l’extérieur.

L’étude explique comment les probiotiques fonctionnent:

  • Ils stimulent la formation de mucosités stimulent les muqueuses qui protègent la paroi intestinale.

  • Ils favorisent la production de substances antimicrobiennesqui inhibent les germes nocifs.

  • Ils influencent les les jonctions serrées – les « joints » entre les cellules – et rendent la paroi intestinale moins perméable.

  • Ils entraînent le système immunitaireLe système immunitaire doit être préparé à réagir de manière appropriée, mais pas excessive.

  • Ils favorisent la formation de des acides gras à chaîne courte de fibres, qui ont un effet anti-inflammatoire.

 

Une barrière intestinale saine ne protège pas seulement le tube digestif, mais a également un effet positif sur l’ensemble du corps – par exemple sur le système immunitaire, le métabolisme et même le système nerveux.

Conclusion : Les probiotiques peuvent aider à stabiliser la santé intestinale et à prévenir les maladies. Cependant, les effets dépendent fortement du type de bactéries, de la dose et de l’état de santé de la personne. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires avant de pouvoir formuler des recommandations claires pour tout le monde.

Contexte

La barrière intestinale constitue la première ligne de défense entre la lumière intestinale et l’organisme. Elle est constituée d’une couche de mucus, de cellules épithéliales avec des jonctions serrées et de composants immunologiques. Une barrière intacte régule l’absorption des nutriments et empêche l’intrusion de microbes pathogènes et de toxines. Des perturbations de cette barrière (« leaky gut ») sont associées à un grand nombre de maladies, dont les maladies inflammatoires de l’intestin, les troubles métaboliques et les maladies neurologiques.

Probiotiques et fonction de barrière

Les probiotiques sont définis comme des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité suffisante, offrent des avantages pour la santé. Parmi les plus étudiés, on trouve les souches de Lactobacillus, Bifidobacterium et Enterococcus ainsi que Saccharomyces boulardii. Leur action sur la barrière intestinale peut être attribuée à plusieurs mécanismes :

  1. Renforcement de la couche de mucus

    Les probiotiques favorisent l’expression des gènes de la mucine (par exemple MUC2) et augmentent ainsi la production de la couche de mucus, qui constitue une barrière physique contre les microbes.

  2. Modulation des jonctions serrées

    Ils régulent l’expression et la distribution des protéines de la jonction serrée (Claudine, Occludine, ZO-1), stabilisant ainsi l’intégrité épithéliale. Il en résulte une réduction de la perméabilité intestinale.

  3. Activité antimicrobienne

    De nombreuses souches produisent des bactériocines, de l’acide lactique ou du peroxyde d’hydrogène, qui inhibent la croissance des germes pathogènes. En outre, elles peuvent supprimer la formation de biofilms et entrent directement en compétition avec les pathogènes pour les sites d’adhésion à la paroi intestinale.

  4. Production de métabolites

    Les probiotiques favorisent la formation d’acides gras à chaîne courte (AGCC) par fermentation microbienne des fibres alimentaires. Les SCFA servent de source d’énergie aux cellules épithéliales, ont un effet anti-inflammatoire et stabilisent les jonctions serrées.

  5. Modulation immunitaire

    Les probiotiques influencent les réponses immunitaires innées et adaptatives. Ils induisent des cellules T régulatrices, modulent la production de cytokines (par ex. IL-10, TGF-β) et inhibent les voies de signalisation pro-inflammatoires (par ex. NF-κB). Ils contribuent ainsi à la tolérance immunitaire vis-à-vis des bactéries commensales et limitent les inflammations excessives.

Retraits maladie

  • Maladie inflammatoire de l’intestin (MII) : Les probiotiques améliorent les paramètres cliniques et réduisent les lésions muqueuses dans des modèles animaux et, en partie, chez l’homme.

  • le syndrome du côlon irritable (IBS) : Des améliorations de la symptomatologie ont été rapportées, mais les effets dépendent fortement de la souche.

  • Maladies métaboliques : Des effets positifs sur la résistance à l’insuline, le métabolisme des lipides et le contrôle du poids ont été décrits.

  • Prophylaxie des infections : Les probiotiques peuvent réduire la diarrhée, les infections à Clostridioides difficile et les troubles associés aux antibiotiques.

Limitations

Les effets sont spécifiques à la souche et ne sont pas transposables à tous les probiotiques. Les différences de dosage, de durée d’utilisation et de population rendent difficile la comparaison des études. De plus, les études cliniques standardisées à grande échelle font souvent défaut.

Conclusion

Les probiotiques agissent par différents mécanismes sur la barrière intestinale et peuvent améliorer son intégrité. Cela en fait une option prometteuse dans la prévention et le traitement des maladies associées à la barrière. Cependant, pour une application clinique à grande échelle, d’autres études bien conçues sont nécessaires pour clarifier les effets spécifiques des souches, les doses et les aspects de sécurité.

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