Curcuma et inflammation chronique de l’intestin : la curcumine, un complément sûr pour la colite ulcéreuse

Publié le 1. décembre 2006 | Hanai H et al.
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La colite ulcéreuse est une inflammation chronique de l’intestin qui réapparaît régulièrement. Les médicaments habituels comme la mésalazine ou la sulfasalazine peuvent prévenir les rechutes, mais ils sont souvent associés à des effets secondaires. C’est pourquoi les chercheurs sont à la recherche de thérapies complémentaires sûres.

Dans cette étude, des médecins japonais ont examiné la curcuminele principe actif jaune du curcuma, en complément des médicaments traditionnels. 89 patients atteints de colite ulcéreuse en phase de repos (« rémission ») ont pris soit de la curcumine (2 g par jour) plus des médicaments standard, soit un placebo plus des médicaments standard pendant 6 mois.

Résultat : Seuls 2 patients sur 43 (4,7 %) dans le groupe curcumine ont rechuté, contre 8 patients sur 39 (20,5 %) dans le groupe placebo. De plus, les résultats cliniques et endoscopiques se sont nettement améliorés sous curcumine. La tolérance a été bonne, seuls quelques effets secondaires légers tels que des ballonnements ou des nausées ont été observés.

Conclusion : La curcumine peut aider à prévenir les rechutes de la colite ulcéreuse – de manière sûre et bien tolérée. Elle constitue donc un complément prometteur au traitement standard. D’autres études à plus grande échelle sont nécessaires pour clarifier la dose optimale et l’effet à long terme.

Contexte

La colite ulcéreuse (CU) est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin qui présente un risque élevé de poussées récurrentes. Les médicaments standard tels que la sulfasalazine (SZ) et la mésalazine sont efficaces, mais s’accompagnent d’effets secondaires. La curcumine, un polyphénol extrait du curcuma longa, possède des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et inhibitrices du NF-κB. L’objectif de cette étude était d’examiner l’efficacité de la curcumine en tant que traitement d’appoint pour le maintien de la rémission dans l’UC.

Méthodes

Entre 2004 et 2005, 89 patients atteints de CU en rémission ont été inclus dans 8 centres japonais. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit

  • Curcumine 2 g/jour (1 g le matin, 1 g le soir) + SZ ou mésalazine (n = 45)

  • Placebo + SZ ou mésalazine (n = 44)

L’étude a duré 6 mois, suivie d’un suivi de 6 mois sous la seule médication standard. Les critères d’évaluation primaires étaient le taux de rechute (CAI ≥5), les modifications de l’indice d’activité clinique (CAI) et de l’indice endoscopique (EI).

 

RÉSULTATS

    • Rechutes : 2/43 (4,65 %) dans le groupe curcumine vs 8/39 (20,51 %) dans le groupe placebo(p = 0,040) .

      Analyse per protocole (n = 82) :

    • Rechutes : 4,44 % (curcumine) vs 15,15 % (placebo), p = 0,049.

      Analyse en intention de traiter :

  • CAI : amélioration dans le groupe curcumine (de 1,3 à 1,0 ; p = 0,038), détérioration dans le groupe placebo (de 1,0 à 2,2 ; p = 0,0003) .

  • EI : amélioration significative sous curcumine (1,3 à 0,8 ; p = 0,0001), pas de changement sous placebo .

  • Suivi (6 mois) : Plus de différence significative entre les groupes.

  • Sécurité : 7 patients sur 89 ont signalé des effets secondaires légers et transitoires (par exemple, ballonnements, nausées, légère augmentation de la pression artérielle). Pas d’interruption en raison d’effets secondaires graves .

Discussion

Les résultats montrent que la curcumine ajoutée à la SZ/mésalazine réduit significativement le taux de rechute et améliore les résultats cliniques et endoscopiques. La substance était bien tolérée et n’a pas provoqué d’effets secondaires graves. La curcumine constitue donc un complément sûr et naturel au traitement médicamenteux standard.

Limites : Nombre de patients relativement faible, dose fixe (2 g/jour), pas de recherche de dose, absence de bras de monothérapie. Des études à plus grande échelle devraient être menées pour déterminer la dose optimale et l’effet à long terme.

Conclusion

La curcumine est un candidat prometteur pour le maintien de la rémission de la colite ulcéreuse. Ses propriétés anti-inflammatoires et son profil de sécurité favorable en font un complément intéressant aux traitements conventionnels. D’autres études randomisées sont nécessaires pour confirmer ces résultats et établir l’application clinique.

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