Les infections urinaires (IU) affectent des millions de personnes dans le monde, en particulier les femmes. La plupart du temps, elles sont causées par des bactéries comme Escherichia coli. Les infections urinaires sont généralement traitées à l’aide d’antibiotiques, mais cela peut entraîner l’apparition de germes résistants.
L’étude examine si les probiotiques (c’est-à-dire les « bonnes » bactéries) et les aliments végétaux peuvent aider à prévenir les infections. Il s’agit par exemple du yaourt, du kéfir, du kombucha, des cranberries, de l’ail ou des feuilles de raisin d’ours. Ils contiennent des bactéries saines ou des substances actives végétales qui agissent de différentes manières :
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Ils renforcent le système immunitaire.
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Ils empêchent les germes nocifs de se fixer sur les voies urinaires.
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Ils favorisent une flore intestinale et vaginale saine.
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Certaines plantes ont un effet diurétique, ce qui aide à « rincer » les bactéries.
Par exemple, les canneberges peuvent empêcher les bactéries E. coli de s’installer dans les voies urinaires et l’ail peut avoir un effet antibactérien contre les germes tels que Candida albicans.
Cependant, malgré de nombreuses indications positives, les auteurs soulignent également qu’il existe encore trop peu d’études cohérentes sur la dose, la durée et l’efficacité appropriées. Les approches sont prometteuses – mais il faut davantage de recherches avant de pouvoir formuler des recommandations claires.
Cette revue narrative et systématique met en lumière le potentiel préventif des probiotiques et des aliments à base de plantes dans la prévention des infections urinaires (IU). Les infections urinaires sont l’une des infections bactériennes les plus courantes dans le monde, en particulier chez les femmes. Le traitement standard actuel par antibiotiques contribue à l’augmentation des agents pathogènes multirésistants, ce qui montre un besoin urgent de stratégies de prévention alternatives ou complémentaires.
Les probiotiques comme approche préventive
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui ont des propriétés bénéfiques pour la santé, notamment grâce à leur influence sur le microbiote intestinal et vaginal. Des études ont montré que des probiotiques isolés tels que Lactobacillus crispatus, L. rhamnosus GG ou Escherichia coli Nissle 1917 ont parfois des effets prometteurs, notamment par :
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Production de substances antimicrobiennes (par ex. bactériocines, SCFA)
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Inhibition de l’adhésion des pathogènes
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Immunomodulation (par exemple, réduction des cytokines pro-inflammatoires telles que IL-6, TNF-α)
Les aliments fermentés tels que le kéfir, le yaourt, le miso, la choucroute, le tempeh, le natto et le kimchi contiennent des cultures probiotiques naturelles et des métabolites bioactifs ayant des effets antioxydants et anti-inflammatoires. Ces aliments améliorent la diversité de la flore intestinale et pourraient également avoir un impact positif sur la santé urogénitale via le mécanisme immunitaire commun des muqueuses. La combinaison de différentes souches bactériennes semble avoir un effet synergique.
Aliments et extraits végétaux
Plusieurs substances actives végétales ont des propriétés antimicrobiennes et diurétiques avérées :
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Canneberge (Vaccinium macrocarpon) : Contient des proanthocyanidines qui empêchent E. coli d’adhérer à l’épithélium des voies urinaires. Des mécanismes d’action supplémentaires incluent l’acidification de l’urine par des acides organiques et des polyphénols inhibiteurs de bactéries. Des études montrent des réductions significatives du risque chez les femmes souffrant d’infections urinaires récidivantes, mais à des doses élevées.
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Ail (Allium sativum) : L’allicine et l’ajoène ont des effets antibactériens et antifongiques, notamment contre le Candida albicans et E. coli. Des études montrent des effets anti-inflammatoires par inhibition de la sécrétion de NF-κB et de cytokines.
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Raisin d’ours (Arctostaphylos uva-ursi) : La substance qu’elle contient, l’arbutine, est métabolisée en hydroquinone, qui a un effet bactériostatique. Le raisin d’ours possède également des effets diurétiques et astringents.
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Baies de genièvre (Juniperus communis) : Les huiles essentielles, en particulier le terpinène-4-ol, favorisent la diurèse et présentent une activité antimicrobienne contre les agents pathogènes typiques des IHE, tels que Klebsiella et Proteus.
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Ortie (Urtica dioica) : contient des flavonoïdes et des composés phénoliques aux effets diurétiques et anti-inflammatoires. Les études sont mitigées à ce sujet, mais les premières indications d’effets antimicrobiens contre les germes uropathogènes sont disponibles.
Limites et besoins de recherche
Les auteurs soulignent les faiblesses évidentes des études actuelles : designs d’études hétérogènes, dosages peu clairs, manque de données à long terme et absence d’études multicentriques et randomisées. Pour de nombreux remèdes à base de plantes, il manque des formulations d’extraits standardisées et des déclarations sur la dose maximale sûre.
Conclusion
Les résultats suggèrent que les probiotiques et les aliments à base de plantes ont un fort potentiel de prévention des IHE – en particulier en cas d’infections récurrentes et chez les populations dont la fonction rénale est réduite.